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Expérience de compostage au snack-bar de Vieussan


Cette expérimentation a été menée par l’association CoRus durant l’été 2005.

Pourquoi ?
Suite au projet de CSDU de Tanarès (Riols - 34220), a émergé chez ces restaurateurs un désir de traiter au mieux leurs déchets avant la mise en benne. L’expérience de compostage relatée dans ce document est donc née de la conjonction entre la volonté des patrons du Lézard Bleu de traiter leurs fermentescibles (deux tonnes par an) et le savoir-faire en matière de compostage de l’Association CoRus.

Comment ?
Il s’agissait avant tout d’être efficace sans perturber le fonctionnement normal de l’entreprise, surtout en pleine saison d’été. La solution classique de mise immédiate en andains a dû être rejetée pour deux raisons au moins :
Aucun tri des déchets de table n’étant envisageable, le tas serait rechargé au quotidien de déchets alimentaires contenant viande, poisson, fromage donc attirant toutes sortes de nuisibles.
De plus, il convenait d’éloigner le plus possible les andains de l’aire de restauration, ce qui aurait entraîné du trajet supplémentaire pour le personnel. Nous nous sommes donc mis d’accord sur la solution suivante : Les déchets sont quotidiennement stockés dans des conteneurs ventilés et immédiatement recouverts de structurant.

Tous les quinze jours, les conteneurs sont transportés puis vidés sur l’aire de compostage proprement dite.
Il s’agira ensuite de s’adapter aux conditions du moment en apportant les corrections nécessaires au processus.

Le compostage
Les conteneurs ventilés sont mis en place à proximité des cuisines. Il est prévu un tas de structurant (broyé de bord de route) d’environ 2 m3 ayant déjà un an de pré-compostage.
Une couche de ce structurant est versée au fond de chaque conteneur. Quotidiennement, les déchets organiques sont entassés dans le conteneur puis immédiatement recouverts d’une couche de structurant qui sert aussi de bio-filtre.
Lorsque les trois conteneurs sont pleins, ils sont transportés puis vidés sur l’aire de compostage proprement dite : le compostage a commencé dans deux au moins des conteneurs et le contenu a subi une forte déshydratation.
Après vidage, le produit est donc humidifié, brassé sommairement, mis en andain, protégé par une couche de structurant, le tout étant recouvert d’une bâche en non-tissé.
Le contenu des conteneurs suivants est soit inséré dans une tranchée creusée au cœur de l’andain initial, soit ajouté en bout d’andain, les deux méthodes donnant des résultats similaires.


Deux retournements complets avec arrosage ont été effectués dans le premier mois.
Au bout de ce temps, le produit a été criblé (maille de 50) pour récupérer du structurant mais celui-ci s’était également composté et passait en grande proportion au travers de la maille.
Le compost obtenu a servi de couverture et de biofiltre pour l’andain suivant.

Les corrections
La masse de déchets organiques ayant été sous-estimée, il a été nécessaire de prévoir un troisième conteneur.
Le vidage des deux premiers conteneurs ayant mis en évidence une légère odeur caractéristique d’une fermentation anaérobie, un tube de PVC perforé a été mis en place au centre du conteneur pour améliorer la ventilation.
Le conteneur bien ventilé devenant un lieu de déshydratation donc de "blocage" des réactions, il faut humidifier le produit au vidage.
Un chien ayant déchiré la bâche de protection, un grillage a été mis en place autour des andains.

Le suivi
Un suivi de température a été fait dans chaque conteneur dès la fin du remplissage.


Les chiffres
Intrants sur deux mois : 2 m3 de structurant & 2 m3 de déchets organiques
produit final : 0,5 m3 de passant & 50 litres de refus*
* Le refus est composé de gros morceaux ligneux, quelques plastiques et de reste de structurant. Les pourcentages n’ont pas été calculés car, sur deux mois, ils nous semblaient peu significatifs.

Réflexions
Que cherchions-nous à faire ? Produire du compost ? Pour le cas présent, la quasi-totalité du compost obtenu après tamisage a été utilisé en couverture sur l’andain suivant. Abattre la charge polluante des déchets ? Sur ce plan, l’expérience est parfaitement réussie.

Perspectives
Les patrons sont très satisfaits : les 2/3 en poids des déchets produits "disparaissent" et ils sortent la poubelle tout-venant deux à trois fois moins souvent. Ils se sont d’ailleurs engagés à poursuivre sans aide le compostage des déchets organiques.

Conclusion
La mise en place et l’optimisation du processus ont demandé : un gros effort de préparation (par exemple, prévoir un tas de structurant suffisant), beaucoup de travail pour le suivi et les corrections, une présence assidue pour s’assurer de l’adhésion de tout le personnel par la compréhension du processus, .. mais il a donné entière satisfaction aux divers protagonistes.

Association CoRus
www.corus34.org


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